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Communiqué de presse de Marie-Christine Arnautu, député français au Parlement européen, Conseiller municipal et métropolitain de Nice du 08/06/2018

Le pire des mauvais coups contre les chauffeurs et les transporteurs français était à prévoir depuis l’automne dernier lorsque le transport routier avait été exclu des négociations sur la nouvelle directive travailleurs détachés.

Et, comme le plus souvent au Parlement européen, le pire est bien arrivé.

La commission des Transports, sous pression des pays de l’Est a ainsi refusé :

que les chauffeurs puissent obtenir de leur employeur de bénéficier d’une chambre d’hôtel, même lors de leur repos de fin de semaine, comme n’importe quel salarié qui travaille loin de son domicile ; de rendre moins importante la pression sociale sur les chauffeurs routiers, mais a au contraire flexibilisé les temps de conduite et de repos, au détriment des conditions de travail et aussi de la sécurité de tous les usagers des routes européennes ; que le principe juste et simple d’un salaire égal pour un travail égal dans un même pays soit appliqué aux chauffeurs menant une opération entre États membres de l’UE. Les règles du travail détaché, déjà largement insuffisantes, ne seront donc même pas applicables au chauffeur routier international ! Ainsi, le routier bulgare venant livrer en France ne bénéficiera que d’un salaire bulgare (rappelons que le salaire minimum bulgare est de 260€/mois…). que les routiers puissent avoir le droit de rentrer chez eux plus d’une fois toutes les … 3 semaines ! que le cabotage, que la commission voulait réduire à 5 jours (mais de façon libéralisée) soit soumis à des conditions permettant une concurrence équitable. Sa durée permise a même été augmentée à 7 jours (avec une limite de 48 heures par pays traversé).

Ce paquet routier qui devait être le moyen d’améliorer les conditions de travail des chauffeurs se trouve donc être une des plus grandes opérations de régression sociale jamais organisée par l’Union européenne !

Si le paquet routier était appliqué en l’état, cela laisserait les entreprises françaises encore plus incapables de lutter contre le dumping social, en forcerait encore plus à mettre la clé sous la porte et à jeter encore plus de chauffeurs routiers au chômage. Rappelons qu’en 20 ans ce sont plus de 20 000 emplois qui ont été ainsi perdus en France, au bénéfice de pays comme la Pologne qui a pu grâce aux folles règles européennesmultiplier ses opérations de cabotage par 10 en 6 ans, accaparer à elle seule plus d’un quart du trafic routier intereuropéen, réaliser 60% du volume de ses livraisons à l’international et doubler son chiffre d’affaires depuis 2010. Les transporteurs polonais disposent en effet d’un coût de revient kilométrique inférieur d’un tiers au coût de revient français.

Le ministre des Transports de Bulgarie, pays actuellement à la présidence de l’UE, s’est évidement réjoui de ces votes en constatant que « les demandes de la Bulgarie ont été entièrement satisfaites », tout comme un des alliés des députés français Les Républicains, le député européen bulgare Novakov, qui s’est vanté de cette « capitulation sans condition « . Il faut dire que le transport représente en raison des règles laxistes européennes 15% du PIB bulgare, soit plus que la part de l’industrie et de l’agriculture dans le PIB français !

L’Union européenne laisse le choix aux chauffeurs routiers d’être soit chômeurs quand ils travaillent dans des pays à haut niveau social, soit exploités quand ils travaillent dans des pays à bas niveau de standards sociaux.

Les députés élus sur les listes du Front National dénoncent ce scandale social et économique et continueront à défendre les intérêts des transporteurs et des chauffeurs français :

en votant unanimement contre ce projet qui devrait passer devant l’ensemble des députés européens en juillet ; et si cela n’était pas suffisant, en soutenant nos alliés autrichiens du FPÖ, comme nous opposés à ce scandaleux volet antisocial, dont le ministre des transports est issu de ses rangs, et qui, divine coïncidence, sera à la présidence des Transports de l’UE lors des négociations tripartites entre la Commission, le Conseilet le Parlement.

Comme pour tous les salariés français, nous n’accepterons jamais que les chauffeurs, dont le travail permet de générer 50 milliards d’euros d’activité par an dans notre pays, soient sacrifiés au nom de l’idéologie européiste !